Arts-Scène Diffusion

Superbes ennemis

N'emprisonnez pas, je vous prie, ni mon esprit, ni ma raison..."

L’égalité entre l’homme et la femme est une idée moderne et occidentale. Ce qui semble aujourd’hui une évidence était loin d’être le cas au 17ème siècle : la condition de la femme et sa soumission au pouvoir des hommes était une réalité incontestable et incontestée. Dans une société au sein de laquelle la religion exerçait un pouvoir véritable et déterminait la conduite quotidienne, la femme était marquée au fer rouge par l’idée qu’Eve est la source du péché originel et donc coupable de la chute d’Adam et de l’humanité tout entière. Elle doit expier sa « faute » dans la douleur et la soumission et l’accepter dans la joie car son « salut » en dépend. Bien qu’on lui reconnaisse progressivement son « humanité » et moins son caractère « diabolique », la femme restera aux yeux de la plupart des penseurs du Grand Siècle un être faible qu’il faut toujours, comme un enfant, remettre dans le droit chemin, y compris par la violence physique. Cependant, tout n’était pas noir dans ce tableau et quelques esprits éclairés commençaient à revendiquer une égalité, non pas entière, mais qui reconnaissait que la femme n’était pas inférieure à l’homme.Avec une mise en espace sobre et quelques éléments de décor, ce spectacle est construit en quatre parties : la misogynie la plus virulente, l’éducation des filles selon la religion, les femmes fortes et héroïques et la défense de la liberté féminine. Tel un conférencier loufoque alternant déclamation baroque et moderne, le comédien prend à partie le public, comme pour l’inviter à réfléchir avec lui. Les textes sont tortueux, accidentés, étonnants, exubérants, bizarres. En ajoutant la fantaisie d’une galerie de personnages colorés, Il Festino se démarque ainsi des lectures-concerts classiques. Une chanteuse qui nous délecte avec des airs de cour et des extraits d’opéra accompagnés par le luth, le théorbe et la viole, ainsi que de nombreuses pièces instrumentales complètent la construction d’un parcours qui nous montre les aspects prépondérants de la condition féminine, si écrasée par l’ignorance et les craintes, mais dont les germes de la révolte étaient déjà présents. 

Ce programme a été crée grâce à l'aide de la DRAC Bretagne.

Julien Cigana récitant
Dagmar Saskova chant
Francisco Javier Manalich viole de gambe 
Manuel de Grange luth, guitare, directio