Arts-Scène Diffusion

Gilles Mathivet, Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné, Août 2019

On est frappé par le caractère jubilatoire de l'interprétation d'Emmanuelle Bertrand, et ce jusque dans les sarabandes les plus intimistes, où la méditation bénéficie ce soir de la complicité de l'architecture romane du prieuré de Chirens : malgré sa fragile tonalité dite funèbre en ré mineur, la Sarabande BWV 1008 reste maternelle et rassurante. Les courantes, démonstrations de virtuosité pour pied léger, ne se prennent jamais l'archet dans le tapis d'un rubato involontaire. Les bourrées, les menuets ou les gavottes, animées et contrastées, portent en elles une vision ardente et sublimée de la danse baroque, jusqu'à l'extase céleste à laquelle invite la ronde cosmique des gigues.