Arts-Scène Diffusion

Donna

Monteverdi

Donna

Musica Ficta, 2019

Barbara Kusa, Dagmar Saskova, Manuel de Grange



Madrigali e mottetti a due voci femminili


Presse

Nicolas Mathieu, Olyrix, Mars 2019

L’amour pour la donna se fait avant tout a due voci. Convoquées le plus souvent ensemble, elles se rencontrent et se complètent, joignent leurs forces dans l’expression des passions les plus contraires, l’une s’unissant à l’autre en des escalades harmoniques jusqu’au sommet de la tension (le Salve Regina). Les regards échangés, une confiance réciproque comme le détachement de la partition servent la conviction, avec une attention aux variations soudaines de rythme et de caractère dans les madrigaux, jusqu’au virevoltant Zefiro torna où les mélismes s’entremêlent au fil du vent. 
Claire Lefilliâtre se montre à l’aise dans ce répertoire. D'une grande intensité en toute circonstance, elle incarne avec une justesse théâtrale les myriades d’émotions contenues dans ces pièces. Le soupir, l’agitation, le souffle haletant se trouvent ainsi pleinement portés. La voix projetée dans les aigus révèle un timbre argenté et une limpidité de son appréciée, mais peine à trouver son ampleur dans des graves timides. Le legato, entretenu par la résonance de la salle, est filé allègrement avec agilité. À ses côtés, la mezzo-soprano Dagmar Šašková montre une voix sans artifice, pleine et d’une richesse de timbre éblouissante. Mordante dans les médiums, soyeuse dans les aigus, elle offre une inépuisable palette de couleurs. Parfois incisive, parfois légère, l’attaque demeure précise à différents tempi. Dans l’Ego flos campi a voce sola de Monteverdi, la voix se fait pleine et rassurante, conduite avec attention au fil de lignes legato, de gammes prises en un souffle, jusqu’à un ultime ornement soigné sur le dernier accord du continuo. Lire l'article