Arts-Scène Diffusion

L'Achéron

MUSIQUE ANCIENNE

The Fruit of Love

Anthony Holborne

The Fruit of Love

Ricercar, 2014

L'Achéron
François Joubert-Caillet



Ce programme est un rare exemple de rencontre entre musique, danse et poésie.
Anthony Holborne semble avoir fréquenté de manière régulière le cercle d'artistes, notamment de poètes, gravitant autour de Mary Sidney, Countess of Pembroke. Si certaines pièces sont en relation directe avec elle, d'autres titres sont plus mystérieux : la pavane Bona Speranza ouvrant le recueil fait peut-être allusion au Cap de Bonne Espérance, l'une des nombreuses escales de Francis Drake, alors général de la flotte élisabéthaine, donnant dès le début de cette oeuvre une sensation de voyage, de lointain et de conquêtes. On retrouve cet exotisme avec des pièces aux titres castillans, Hermoza et Muy Linda, à un moment où l'Espagne et l'Angleterre entretiennent des relations particulièrement tendues : trait d'ironie de la part d'Holborne et clin d'oeil aux victoires d'Elizabeth sur Philippe II d'Espagne? On peut y voir aussi les louanges de la beauté d'une femme, Elizabeth bien sûr, Mary Sidney, ou qui sait…
Quel est ce Fruit of Love? À qui Holborne dédie cet Honey-Suckle, un chèvre-feuille symbolisant la fidélité éternelle? Que peint cette Image of Melancholly? Quel est ce leg qu'Holborne évoque dans ce Last Will & Testament? Et pourquoi les muses pleurentelles?
La dimension poétique de la musique d'Anthony Holborne est exceptionnelle dans le répertoire instrumental anglais, ces danses donnent à notre imagination la possibilité d'interpréter chacune d'entre elles selon notre goût et notre histoire, chaque thème ou symbole portant en lui des significations différentes et chaque musique nous laissant rêver librement.


Presse

Bénédicte Palaux Simonnet, CRESCENDO MAGAZINE

 Une merveilleuse découverte! On ne sait pratiquement rien d’Anthony Holborne – si ce n’est qu’il vivait à la cour d’ Elisabeth Ière, que son oeuvre constitue la plus importante collection de musique de danse du XVIème siècle et que John Dowland lui dédia un de ses plus beau Ayres. Voilà un enregistrement qui invite à dépasser cette méconnaissance d’autant qu’il est introduit par le gracieux sourire de Susan Lunden, chefd’oeuvre de Rubens ! (...) Les huit instrumentistes se démènent comme de beaux diables, ivres de joie pour partager une musique qui ne l’est pas moins sur des instruments aux noms évocateurs : différentes violes, luth, cithare, virginal, ottavino et bandora (bandurria ou de la famille des cistres). Cette énumération en dit déjà long sur le dépaysement ressenti à l’écoute. La prise de son équilibrée, homogène sans aucun histrionisme charme l’oreille. Mais la qualité purement musicale ajoute encore au plaisir. Car ces pages sont superbes et leurs titres poétiques contribuent à l’enchantement : « The fruit of Love », « Bona Speranza », « Hermoza », « Paradizo » ou encore l’exquis chef d’oeuvre « The Image of Melancholy ». Un disque à distinguer qui honore un très fin musicien fort peu présent au disque.

Michel Laizé, Diapason

 Premier disque, mais quel accomplissement ! Les phrases sont énoncées par les cinq violes avec franchise et direction, la joie règne parmi les danses vives, les pages mélancoliques ne s'alanguissent pas. La belle énergie des archets est soutenue par un continuo scintillant : le luth, le cistre, le virginal et l'ottavino sont aussi utiles pour varier la palette d'une pièce à l'autre que pour dégager le profil rythmique des danses sous l'entremêlement des violes.

Audio

Holborne: The Fairie-Round

 


Holborne : Paradizo

 


ACTUALITÉ

The sound of silence, consort pop-songs

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L'Acheron peaufine ses propositions pour la saison 21-22 et entreprend de monter, avec la complicité du ténor Samuel Boden un tout nouveau programme intitulé The sound of silence, consort pop-songs: Ce projet se propose d’inviter la pop  dans ces lieux où le silence sublime la musique ; avec un consort de violes de gambe, l’instrument de l’âme, la formation dont le son imite le mieux la voûte céleste, une lecture étonnante de ces oeuvres et auteurs exceptionnels du XXème et du XXIème siècle est donnée. Outre la beauté de ses transcriptions, The Sound of Silence  questionne les usages et habitudes liés à l’écoute et au jeu de ces musiques : la musique ancienne est-elle véritablement plus « savante » que la musique pop ? les trois ou quatre siècles qui séparent ce consort de violes élisabéthain de cette musique anglo-saxonne sont-ils si conséquents ? les frontières entre ces musiques sont-elles réelles ? John Dowland et John Lennon sont-ils des musiciens aussi distincts qu’on l’imagine ?

A consort's monument: Presse!

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Avec son dernier CD, L’Acheron intitulé A consort’s monument revient à la musique anglaise pour consort de violes, et s’adjoint le concours d’un orgue positif et d’un virginal.

Resmusica en fait l’éloge dans cet article du 10 mai:

Dans l’ensemble, les instruments à clavier joués colla parte se mêlent si bien à la sonorité des violes qu’il faut parfois tendre l’oreille pour s’assurer de leur présence. Si l’on peut dire d’un consort de violes de qualité qu’il sonne comme un orgue, en référence à l’homogénéité des timbres, c’est bien le cas de L’Achéron. C’est encore plus flagrant ici, quand l’orgue se mêle ainsi aux violes. Trois courts moments nous permettent d’entendre les instruments à clavier sonner seuls, dans des improvisations sur des thèmes de l’époque. Le sommet est une improvisation sur un Ground de Simpson jouée conjointement à l’orgue et au virginal, où Philippe Grisvard et Yoann Moulin font assaut d’inventivité dans un parfait d’équilibre

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