Arts-Scène Diffusion

Qia-Xiao

Hao-Fu-Zhang

Qia-Xiao

Cyprès, 2005

Jean-Michel Charlier clarinette, clarinette basse
QUATUOR DANEL 
Marc Danel premier violon
Gilles Millet second violon
Tony Nys alto
Guy Danel violoncelle



Tel un homme à la recherche de son âme, Hao-Fu Zhang a pris le chemin des hauteurs. Tendant l’oreille, il a puisé aux sources qui défient le temps et l’espace. Formulée à la lumière des techniques de l’occident contemporain, sa musique offre à nos oreilles une voie d’accès à la pensée de l’orient. Après avoir étudié la composition et avoir acquis une solide formation en écriture musicale au conservatoire de sa ville natale, Xian, il quitte la Chine pour l’Europe. En résidence à l’IRCAM puis professeur au Conservatoire Royal de Bruxelles, il n’a de cesse de développer une création reconnue pour la distinction de son écriture et sa haute portée spirituelle.
La stupeur provoquée, un soir de 1997, par l’annonce de la  mort de son maître et ami Edison Denisov, a déclenché la composition du Deuxième quatuor à cordes. Œuvre lancinante et obsessionnelle qui nous interpelle à chaque fois par sa construction et nous ramène obstinément à notre sentiment d’affliction. La source d’inspiration du Troisième quatuor est différente : elle puise don inspiration des chants folkloriques des hauts plateaux du Qinghai découverts par le compositeur lors de ses enquêtes musicologiques en cette région. La structure adoptée, une grande fugue libre, est autant une fête pour l’esprit qu’un enchantement pour la sensibilité. Cette pièce respire la joie de vivre d’un compositeur sûr de son métier qui joue de ses moyens en toute liberté. Qin-Xiao, quintette avec clarinette commandé par le Quatuor Danel pour leur dixième anniversaire, est inspiré de combinaisons de jeux d’instruments antiques dont les premières traces remontent à la dynastie Han. Le « qin » est une cithare à sept cordes, le « xiao », une flûte droite en bambou. Ceci donne à cette œuvre une saveur à l’ancienne teintée d’innovations d’une composition d’aujourd’hui.
L’interprétation du Quatuor Danel et de Jean-Michel Charlier témoigne de leur enthousiasme et de leur conviction dans leur travail avec des compositeurs contemporains d’horizons variés. Nous retrouvons le brio de cette formation très établie sur la scène internationale, teinté de la complicité réelle avec la démarche d’écriture de Hao-Fu Zhang
A l’heure où la société occidentale semble redécouvrir, avec un intérêt parfois teinté d’inquiétudes, la culture et l’étendue de la population chinoise, l’occasion nous est ici donnée de découvrir un éclaireur avisé qui tente de jeter des ponts entre ces deux cultures en apôtre d’une « culture humaine universelle ». Une œuvre innovante et immédiatement séduisante ne tombant ni dans les clichés de la musique contemporaine, ni dans ceux de la musique asiatique.