Arts-Scène Diffusion

Le chant de l'Aube

Le chant de l'Aube

L'école française de viole de gambe

François Joubert-Caillet, basse de viole
Thomas Dunford, archiluth


OEuvres de Sainte-Colombe, Marin Marais, Jean-Baptiste Forqueray, Robert de Visée, etc…

La viole de gambe a connu de nombreuses heures de gloire entre le XVIème et le XVIIIème siècle : de l’Italie renaissante à l’Angleterre des périodes élisabéthaine et jacobéennes puis à la France des XVIIème et XVIIIème siècles, celle-ci a vu ses répertoires fleurir et son identité s’affirmer, devenant l’un des instruments au son si proche de la voix qu’il en vint à symboliser l’expression humaine.

C’est en France que la musique pour viole seule ou accompagnée s’est le plus développée et si certains compositeurs comme Sainte-Colombe, Marais ou Forqueray ont laissé leurs empreintes dans la mémoire collective, il est fascinant d’entendre également les autres musiciens ayant contribué à l’édification de ce qui pourrait être considéré aujourd’hui comme une école française de viole de gambe, chaque génération de violistes témoignant d’une évolution instrumentale et esthétique en écho avec la métamorphose des esprits de cette époque.

Hotman et Dubuisson, Sainte-Colombe et Demachy, Marais et Forqueray le père, Marais le fils et Caix d’Hervelois, Dollé et Forqueray le fils : ces cinq générations entrelacées auront accompagné l’Histoire de Louis XIII à la révolution française, peignant une musique où l’intériorité et la conscience de soi sont mises en lumière, révélant un regard profond sur l’intimité. Cette ouverture de l’esprit et de l’âme trouve avec la viole un outil magnifique : par ses sonorités uniques, toute en résonance, en teintes subtiles et en lyrisme poignant, elle exhorte l’Homme à se voir tel qu’il est, à se sentir, se questionner et à chercher une liberté et un bonheur authentiques.
Si l’intimité de ce répertoire appelle l’introspection, sa virtuosité et son éclat invitent à l’intelligence du raisonnement et à un esprit agile et critique : comme les Vanités peintes et les écrits moralistes, la musique pour viole accompagne les Lumières naissantes dès le XVIIème siècle, les pièces de ces compositeurs formant le pendant musical des ouvrages de La Bruyère, Pascal, Rousseau, Diderot et bien d’autres…

 

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