Arts-Scène Diffusion

Fanny Azzuro

PIANO

De Beethoven à Rachmaninov

De Beethoven à Rachmaninov

BEETHOVEN
Sonate, op. 109

RAVEL 
Miroirs 

RACHMANINOV
Préludes (sélection)

 

Trois compositeurs « modernes » : Beethoven, Ravel et Rachmaninov.

Beethoven l’allemand, l’humaniste, le révolutionnaire, le précurseur, le moderne ! Dans la première de ces trois dernières sonates composée en 1820, il n’est autre que compositeur moderne. C’est une véritable improvisation entre Vivace et Adagio initial qu’il nous livre. L’enchaînement atypique du second mouvement Prestissimo, de manière soudaine, et déclamée nous prouve qu’il nous livre ce que le sentiment le pousse à vivre. Il nous montre ses sentiments : en cela c’est déjà un romantique. Il place l’humain au centre de sa musique. Que dire de son troisième mouvement Thème et six variations de l’opus 109 ? Il se révèle totalement visionnaire dans sa manière de dérouler le thème initial, en six Variations où l’on retrouve un souffle chopinien (1ère variation), un effet cosmique dévastateur qui nous ouvre l’oreille vers l’infini. 
« L’esprit qu’aucun temps ne peut détruire, c’est lui maintenant qui parle » Beethoven

Ravel le français, moderne, écrit ses Miroirs en 1905. Là on entend un sculpteur de sons.
« La musique de Ravel est la plus rare des réussites. Ni un océan, ni un fleuve immense : un beau lac dans la vallée, aux proportions heureuses… Elle a une portée unique en notre temps. La ligne mélodique et le sens original de l’harmonie, le rythme, l’ordre musical et l’ordre poétique, tout s’accorde… L’art et l’artiste français se reconnaissent à cette recherche de la chose parfaite. » En 1938, André Suarès esquissait ainsi dans son hommage à Ravel une définition de l’alchimie incomparable de son oeuvre, et en particulier de ses nombreuses pages destinées au piano. Les Miroirs, composés entre 1904 et 1905, créés par le fidèle Ricardo Vines le 6 janvier 1906 Salle Erard, forment un recueil de cinq pièces dédiées chacune à un membre du Cercle des Apaches. Le musicien rompt avec l’emprise dessuinte et s’éloigne du monde modal par tons pour retrouver les rivages de la tonalité avec une sensibilité harmonique plus aiguë et plus riche qui décontenança d’ailleurs les auditeurs.

Rachmaninov, le post-romantique, composa ses Préludes op. 32 en 1910 aux États-Unis.
« La musique pure à laquelle appartient le Prélude peut suggérer ou créer chez les auditeurs un certain état d’âme ; mais son rôle fondamental est de leur procurer un plaisir intellectuel par la variété et la beauté de sa forme. » (Victor Serov)
C'est lors de son séjour en Amérique (1909) que Rachmaninov compose « de tête » les préludes op. 32. À son retour en Russie, il doit encore faire découvrir son troisième concerto pour piano. C'est seulement après cela que Rachmaninov pu s'atteler à l'écriture de ces préludes, expliquant donc leur rapidité d'écriture : les préludes n°  5, 11 et 12 furent achevés la même journée  ! Composés en 1910, la première exécution aurait eu lieu le 5 décembre 1910 par le compositeur à Saint-Pétersbourg. Ils seront publiés l'année suivante par Gutheil, en septembre 1911.
Le temps court, un moment où l’on vit l’instant présent intensément, où finalement le « prélude » initialement prévu pour être joué avant une pièce plus conséquente devient lui-même le centre de l’attention, plus que des « préludes », ce sont à la fois des études virtuoses (Prélude op. 32 n°4, n°13), des romances douces (op. 32 n°5, 11, op. 23 n°6), des nocturnes (op. 23 n°10), des récits au discours magique et poignant, tragique et à l’évocation romantique intacte. Bien évidemment, Rachmaninov s’est inspiré du génie de Chopin, de ses 24 Préludes (pensons à ses Variations sur un thème de Chopin op. 22, opus qui précède donc le livre des Préludes op. 23) et de tout le reste. Rachmaninov conçoit lui aussi, sans logique, l’utilisation de toutes les tonalités mineures et majeures : en effet nous passons d’un épisode dramatique, véritables cloches qui explosent (op. 3 n°2) à la douceur infinie de certains préludes (op. 32 n°5), entre rêve et brutalité, le voyage en Russie post-romantique est assuré.

Vidéos

Beethoven Sonate n°30 op. 109

 


ACTUALITÉ

En récital!

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Après le festival de Durtal ce week-end, Fanny Azzuro sera en récital à l'auditorium de Douarnenez avec un programme autour de Beethoven, Ravel & Rachmaninov. Retrouvez les suggestions de programmes de Fanny Azzuro pour la saison 21-22. (Photo Festival de la Roque d'Anthéron - aout 2020 Christophe Grémiot)


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