Arts-Scène Diffusion

Lachrimae Lyrae

Lachrimae Lyrae

Les larmes de l'exil

Avec Sokratis Sinopoulos, lyra

 

La lyra grecque, comme la viole de gambe, est l’instrument de la mélancolie. L’une et l’autre, aux âges d’or de leurs histoires, étaient utilisées pour exprimer ce sentiment si particulier, cet état d’âme qui nourrit tant de musiques, au-delà des mots. Ces deux instruments, à des périodes différentes et dans des circonstances diverses, ont connu des utilisations et des destins identiques : s’il est -encore- impossible de tisser un lien historique entre la lyra et la viole, il est pourtant stupéfiant de remarquer à quel point elles se ressemblent, comme des soeurs qui s’ignoreraient, évoluant chacune en écho l’une de l’autre, à quelques siècles de distance, dans des régions éloignées, exprimant et vivant les mêmes choses sans jamais se rencontrer. 

Sur le plan technique, toutes les deux utilisent la même position d’archet «paumes vers le ciel», sont en forme de poire, leur accord est similaire également ; sur le plan artistique, elles étaient, chacune dans leur monde, l’instrument idiomatique de ce que les grecs nomment l’harmolipi, la tristesse joyeuse, le plaisir d’être malheureux. En Angleterre, le chantre de cette mélancolie est certainement John Dowland (1563-1626) et son recueil de Lachrimæ or the Seaven Teares (1604) : avec sept pavanes, il décline ce thème avec des tableaux complémentaires, de la mélancolie amoureuse aux larmes pieuses d’une illumination mystique. Ces Lachrimæ sont suivies de danses allègres, symbolisant l’espoir d’un salut retrouvé.

Jouée par des musiciens grecs à Constantinople dès l’époque de l’Empire byzantin jusqu’au début du XVIIème siècle, la lyra a développé un répertoire marqué par cet exil en Empire Ottoman, une nostalgie et un mal du pays que l’on retrouve dans l’oeuvre de John Dowland, expatrié lui aussi au Danemark dans les années de composition de ses Lachrimæ. Autre point commun : les tavernes britanniques et grecques étaient des lieux où la musique était écoutée attentivement, dans le silence, la viole de gambe et la lyra étant chacune des actrices incontournables de ces concerts populaires où l’on pleurait puis dansait, créant une sorte de rite purificateur et mystique.

Ce programme désire faire entendre la rencontre en miroir de ces deux instruments et des mondes élisabéthain et byzantinottoman, mais décrire également un récit cathartique, une métamorphose heureuse, des ténèbres à la lumière et de la déploration à la fête. Cette musique se fera aussi l’écho des larmes versées par des millions de personnes forcées à l’exil aujourd’hui.

 

5 musiciens (lyra, 4 violes)

 

Presse

Jean-Stéphane Sourd Durand, BaroquiadeS, Mars 2019

Sokratis Sinopoulos fait sonner sa lyra avec maestria. Les quatre instruments sont le murmure de la plainte de la lyra résonnant dans la constellation de la Lyre (…)
Saluons la souplesse des phrasés, l’expressivité de chaque artiste. La sensibilité instrumentale se met au service de la mélancolie dans une lecture authentique, ne basculant jamais dans l’outrance. La précision des instrumentistes magnifie la polyphonie. (…)

Brightly off-coloured, Mai 2019

Joined by L’Achéron and François Joubert-Caillet, and changing up the traditional lute for a Greek lyre, this dungheap bridges a gap between what is past and what art though present. If ’t ev’r gazeth the film Braveheart, and did dug yond soundtrack, thou art going to loveth this wench of an album with all thy heart.

The beauty of this album rests in the amount of space it allows for silence. This album doesn’t tryeth to reacheth thee with epic fucking grandness. Tis speaks to thee on wind. This album t’s joyous. This album t’s lighteth. Thee can picture bunnies, and various joyous Disney animals, fucking like wh’res as this plays. Yet at the heart of each piece sits a deep and sacred woe. This album is an expl’ration in finding beauty in darkest and deepest of teens, in wallowing despair, and in the blackest of hearts. A concept yond hast been ’round f’r a longeth motherfucking timeth. T’s incredible to hark concepts from so long ago that continueth to feeleth as real and the words on this fucking page.

Hervé Mestron, ResMusica, Juillet 2019

François Joubert-Caillet et son ensemble L’Achéron nous donnent à entendre l’immensité du monde, cette faculté de la musique à traduire l’intemporel et ce qui touche au plus profond de l’âme humaine. Au-delà des mondes, des formes et des croyances, l’essence de la vie se retrouve dans l’architecture des sons que rien ni personne ne pourra jamais effacer. La lyra grecque et la viole de gambe se rencontrent aujourd’hui comme si elles n’étaient qu’un seul et même instrument, l’outil du sacré.
L’austérité élisabéthaine et la nostalgie byzantine ottomane se retrouvent sur l’autel d’une partition écrite où le dialogue permet d’accueillir la voix de l’improvisation comme celle de la transmission. La lyra grecque, sorte de pardessus de viole à l’accent mauresque, a traversé montagnes et mers pour se fondre dans le consort de violes.
L’histoire se raconte sur et à travers la musique de Dowland. La lyra grecque de Sokratis Sinopoulos est invitée à s’exprimer, apportant des merveilles de couleurs et d’intervalles, que le consort de violes accompagne dans une sorte d’immense poème harmonique, où les frontières s’éloignent à mesure que le rapprochement des musiciens se coagule enfin dans une unité parfaite. Un disque lumineux, libre et contemplatif, où la parole perdue ressuscite le mystérieux chemin de la transmission.

Discographie

Lachrimæ Lyræ — Les larmes de l'exil

Lachrimæ Lyræ — Les larmes de l'exil


Sokratis Sinopoulos: lyra grecque

& L’Achéron
François Joubert-Caillet: dessus de viole & direction
Andreas Linos: viole de ténor
Lucile Boulanger: viole de ténor
Sarah van Oudenhove: viole de basse

Basé sur une idée originale d'Andreas Linos

Fuga Libera, 2019

D’après les Lachrimæ or Seaven Teares de John Dowland, une rencontre entre le consort de violes et la lyra grecque peignant ici ensemble un tableau transversal et apatride de la mélancolie avec, en contrepoint, l’espoir et la joie d’un avenir radieux dans des improvisations et des danses anglo-byzantines intemporelles.


Vidéos

Lachrimæ Lyræ, Tears of Exile - Sokratis Sinopoulos & L'Achéron

D'après "Lachrimae or the Seaven Teares" de John Dowland (1604)

Sokratis Sinopoulos, lyra
L'Achéron:
François Joubert-Caillet, Andreas Linos, Lucile Boulanger, Sarah van Oudenhove, violes

Sorti sur Fuga Libera : https://outhere-music.com/fr/albums/l...

www.lacheron.com

vidéo de Myre


Lachrimæ Lyræ, Résidence au Château de Lunéville

Lachrimæ Lyræ, les larmes de l'exil d'après les Lachrimae de John Dowland


Lachrimæ Lyræ - Lachrimae Amantis

 


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