Pierre Gervasoni, Le Monde, février 2026
(…) le Quatuor à cordes n° 15, de Mozart, illustre la perfection. Le Quatuor Hermès aussi. L’interprétation de la formation fondée en 2008 ne se contente pas de répondre aux exigences du compositeur. Elle les assimile avec une facilité confondante. L’élégance dans l’action (allegro), la grâce dans la nuance (andante), tout y est, sans oublier les variations mirifiques de la texture. Représentant de la seconde école de Vienne, Anton Webern (1883-1945) n’évoque pas ses prestigieux devanciers de la première école de Vienne (Mozart, Haydn) avec son Langsamer Satz (« mouvement lent ») au lyrisme frémissant, mais plutôt la peinture aux courbes sensuelles de son contemporain Gustav Klimt, membre de la sécession viennoise. Admirable au service de l’équilibre classique, le Quatuor Hermès l’est encore dans le dosage d’un postromantisme sans pathos.