Pascal Amoyel
PIANOSOLO
- 88 notes
- Légendes
- Chopin chez Georges Sand
- Allegro Virtuoso !
- Les saisons
- Intégrale des harmonies poétiques et religieuses de Liszt
- Frédéric Chopin, Intégrale des Nocturnes aux chandelles
- Valses de tous temps
- Chants de la Terre
EN DUO
SPECTACLES
- Bach, ou l'infini au bout des doigts
- Le duel
- Le Block 15 ou la musique en résistance
- Le jour où j'ai rencontré Franz Liszt
- Le pianiste aux 50 doigts
- Looking for Beethoven
- Une leçon de piano avec Chopin
AUTRES PROPOSITIONS
RÉPERTOIRE
Bach, ou l'infini au bout des doigts
Pascal Amoyel, écriture, piano & comédie
Christian Fromont, mise en scène
Philippe Séon, lumières
« S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien Dieu » Cioran
Nous sommes aux confins de l’espace.
Une petite sonde poursuit sa route dans le silence cosmique : Voyager 1, lancée par la NASA en 1977. À son bord, comme une bouteille à la mer interstellaire, vingt-sept échantillons de musiques et de sons terrestres résonnent, destinés à des civilisations lointaines.
Parmi eux : une œuvre de Jean-Sébastien Bach…
Que penseraient-ils, ces êtres venus d’ailleurs, en entendant ces harmonies ? Peut-être découvriraient-ils là l’essence de ce que nous appelons « humanité » : non pas nos inventions ni nos conquêtes, mais notre capacité à créer de la beauté.
La musique de Bach, c’est une odyssée. Et comme tout grand voyage, elle ne peut se réduire à une liste de faits ou de dates. Si vous demandiez à un astronaute de raconter son expédition, je doute que vous soyez fascinés par l’heure exacte de son décollage ou le menu de ses repas à bord. Non. Vous voudriez savoir ce qu’il a ressenti face à l’immensité, l’apesanteur, l’émotion qui l’a traversé lorsqu’il a vu la Terre flotter dans le noir…
Ma première rencontre avec Bach eut lieu vers mes 7 ou 8 ans. Comme à son habitude, mon père avait mis un disque pendant qu’il travaillait. Il me montra alors le portrait accroché au-dessus du piano :
— « Regarde, c’est de lui ! »
Je fixai ce visage sévère. « C’est qui cet affreux bonhomme avec une perruque ? »
— « Lui, c’est le père des compositeurs ! », répondit-il.
Ce jour-là j’héritai d’un père bis aux initiales célèbres : J.S.B.
Je dois l’avouer : je n’aimais pas trop sa musique. Pour moi, c’était une mécanique interminable de doubles croches, comme un train monotone sur ses rails. Plus tard quand je m’essayais à ses œuvres, j’y ajoutais parfois un peu de « groove » qui n’aurait sans doute pas déplu à Monk ou à Peterson.
Mais rien n’y faisait : je m’ennuyais. Mon cœur adolescent vibrait bien davantage au feu de Liszt ou de Rachmaninov. Chez Bach, il semblait n’y avoir qu’une seule idée à la fois, un seul personnage sur scène. Pas de lutte, pas de drame : juste une voix obstinée, presque étrangère à l’émotion.
Jusqu’à ce jour… Je visitais pour la première fois la Cathédrale Notre-Dame. Soudain, venu de nulle part, un son monumental, colossal, vertigineux jaillit des entrailles de la pierre. J’eus la sensation que les colonnes, les voûtes entières se mettaient à chanter.
Moi qui n’étais pas croyant, je me surpris à penser : « Si Dieu existe, c’est lui qui parle. » En une fraction de seconde, je sus : c’était Bach.
De retour chez moi, je me lançai à corps perdu dans une enquête dont j’ignorais qu’elle m’entraînerait vers les territoires les plus insoupçonnés. Bach était loin d’être l’homme figé en habit noir qui écrivait des cantates comme un pommier fait des pommes : marcheur infatigable parcourant des centaines de kilomètres à pied pour entendre un musicien, rebelle portant l’épée zébrant un jour son assaillant ou mis en prison pour avoir défié son prince, aventurier musical inventant des mondes sonores inédits, précurseur de la technique pianistique moderne et même des premiers concerts publics…
J’étais sidéré.
Une sidération qui allait bientôt se transformer en passion dévorante. Je commençais tout juste à comprendre pourquoi tant de gens le considéraient comme le plus grand génie musical que la Terre ait porté, un musicien à la fois poète, mathématicien, philosophe, Sage…
Ce projet de spectacle sur Jean-Sébastien Bach est né en moi il y a de nombreuses années. Il a fallu qu’il mûrisse. Il a fallu aussi que je me confronte avant à d’autres monstres sacrés auxquels j’ai dédié mes précédents spectacles : Looking for Beethoven, Le Jour où j’ai rencontré Franz Liszt ou Une Leçon de piano avec Chopin. Je me sens aujourd’hui légitime de revenir à la source de toutes ces musiques.
Aussi mon objectif dans ce spectacle ne sera pas de rappeler que la Passion selon Saint Jean fut créée un 7 avril 1724 — comme si la face du monde en aurait été changée si cela avait eu lieu la veille.
Non. Je tenterai de faire renaître ce moment foudroyant ressenti un jour de visite qui changea ma vie de musicien et d’homme, afin de le faire vivre à tous.
En prenant le risque de nous y laisser tous engloutir.
PROCHAINS CONCERTS
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Ma Région Virtuose