Arts-Scène Diffusion

Quatuor Voce

QUATUOR À CORDES

Les Voce au Cinéma

Les Voce au Cinéma

 

Fascinés par la place incontournable de la musique dans le 7ème art, notre curiosité s’est rapidement portée sur le cinema-muet, riche d’innombrables chef d’œuvres, et vaste champ d’exploration en terme d’accompagnement musical.

Une première représentation de l’Aurore de Murnau (1928) nous a convaincu de poursuivre cette expérience en plaçant le répertoire du quatuor à cordes et le travail d’improvisation au coeur du projet.

Au delà du charme de la projection “à l’ancienne” et de la couleur unique de chaque représentation, nous croyons que le cinéma nourrit l’imaginaire du mélomane, et que ces films peuvent être pour certains une belle entrée dans l’univers du quatuor à cordes.

Ci-desous, le témoignage de Paul Tortelier (1914-1990) illustre violoncelliste français (Extrait de Paul Tortelier, autoportrait) :

« J’ai commencé par « faire du métier » comme disent les musiciens d’orchestre, dans un misérable cinéma de la Plaine Saint-Denis qui était alors un quartier d’une grande pauvreté. Pendant 2 ans, j’y allai jouer 3 soirs par semaine, les vendredis, samedis et dimanches, pour accompagner les films muets d’alors. (…). Le vendredi soir, jour du changement de programme, on posait devant moi, sur un large pupitre une pile de musique dont je ne connaissais pas une note, il me fallait donc commencer par déchiffrer le tout tant bien que mal. Dans le pauvre cinéma de la Plaine Saint-Denis, nous n’étions que 3 musiciens formant un trio avec piano, mais il m’est arrivé aussi de jouer dans des salles plus respectables où des ensembles hétéroclites réunissaient jusqu’à 10 ou 12 musiciens : un hautbois, une clarinette, une trompette, un violoncelle, 2 ou 3 violons, un piano etc. Le chef dirigeait en regardant constamment le film, prêt à appuyer sur un bouton allumant une lampe rouge. A ce signal, et selon les péripéties du film – scène d’amour ou chevauchée – les musiciens devaient s’arrêter pile au beau milieu d’un morceau lent pour sauter sur un galop. Nous jouions du Beethoven, du Liszt, Rêve d’amour ou du Wagner aussi bien que quantité de « saucissons » »

 

Ciné-concerts
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