Arts-Scène Diffusion

Marchandage franco - allemand

Clavecin - Oeuvres de Bach & Marchand

 

La Suite en ré de Louis Marchand est l'œuvre d'un "Musicien Fier & Imposant". Tous ceux qui l'ont croisé s'en souviennent, jusqu'à ses mains qu'il "avoit très-grandes & très-belles".

Né à Lyon, organiste à la cathédrale de Nevers à l'âge de 14 ans, il prend la succession de Nivers à La Chapelle Royale en 1708.

Le clavecin français jusqu'à lors excellait dans l'imitation du luth et de l'orchestre de Lully. Avec Marchand il trouve un visage nouveau, c'est un orgue comme les autres dont le language d'une dignité racée, éblouit par sa magnificence et sa gravité.

Marchand est visionnaire, il est en avance sur son temps, pour le meilleur et pour le pire : il est en Allemagne autour de 1717: aurait-il lancé au Roi des phrases impertinentes? Sa femme le poursuit en justice en 1713, 12 ans après leur rupture. Est-il contraint à l'exil ou intéressé par ce poste de mille thalers à la cour de l'Electeur de Saxe et Roi de Pologne?

Une joute musicale est rapidement organisée à Dresde avec Bach. Ce dernier estimait les compositions de Marchand et depuis lui reconnaîtra "la gloire d'un jeu très-beau et très-correct". Il est difficile de savoir comment s'est déroulée cette rencontre, les témoignages (tous postérieurs et tous du côté allemand) s'étalent de 1739 à 1788 et se contredisent.

Pour répondre à Marchand, la Quatrième Partita BWV 828 s'est imposée à moi en repensant aux mots de Martin Gester: " Partita IV (ré majeur): Le Soleil, le Roi, la Cour, l'ouverture à la française et le style royal, resplendissant et magnifique, dont le style français en général et la référence versaillaise est le symbole."

Profitons de ce prétexte pour apprécier librement ces musiques qui réinventent le clavecin.