Arts-Scène Diffusion

L'Achéron

MUSIQUE ANCIENNE

L'Art de la Fugue

De Bach à Brahms

Si le répertoire du quatuor à cordes est aujourd’hui connu, il est rare que le lien soit fait avec ses racines : à la fois la musique dont il est issu, mais aussi la pratique de laquelle il est né. Jouer en famille d’instruments à cordes frottées se pratique depuis le XVème siècle : à cette époque et jusqu’à la fin du XVIIème siècle, les violons étaient principalement cantonnés à la musique d’extérieur, de bal, d’église ou d’opéra, là où leur volume sonore était requis ; la musique de chambre, d’intérieur, expérimentale et raffinée était réservée à sa famille cousine -et non ancêtre- les violes de gambe. Au XVIIIème siècle, on ne compose plus pour le consort de violes, ce type de répertoire de chambre intime est alors attribué naturellement aux violons : ceux-ci complètement « anoblis » peuvent enfin voir leur répertoire de quatuor progressivement éclore.

La fugue est une forme née pendant la Renaissance qui n’a cessé d’évoluer jusqu’à aujourd’hui : c’est le fil rouge choisi pour illustrer le lien entre le consort de violes et le quatuor, d’une part avec des extraits de L’Art de la Fugue de Johann Sebastian Bach, considéré comme le dernier « représentant » de l’ère baroque, d’autre part avec des fugues plus tardives pour orgue ou pianoforte de Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Georg Albrechtsberger, Robert et Clara Schumann ou Johannes Brahms. Si les styles baroque, classique et romantique, peuvent paraître parfois très différents, ce répertoire de fugue permet de sentir une continuité étonnante entre ces styles, à l’image de la filiation naturelle entre les deux familles d’instrument et leurs répertoires de consort et de quatuor.

Bien que n’ayant plus de compositions expressément dédiées au consort de violes dès la fin du XVIIème siècle, de récentes études montrent que celui-ci a pourtant toujours été joué sans discontinuité jusqu’à aujourd’hui, à la fois par des musiciens amateurs et des professionnels. Si pendant les périodes classique et romantique les violistes jouaient « leur » répertoire ancien, ils adaptaient également des compositions contemporaines écrites pour d’autres formations au gré de leurs envies. Un tel concert est donc historiquement plausible, nous laissant pénétrer dans un salon de musique au XIXème siècle animé par une poignée d’irréductibles violistes.

 

4 violes de gambe

Vidéos

Clara Schumann, Præludium

adapté pour consort de viole


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L'Art de la Fugue
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Art of Fugue (en)
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L'Acheron peaufine ses propositions pour la saison 21-22 et entreprend de monter, avec la complicité du ténor Samuel Boden un tout nouveau programme intitulé The sound of silence, consort pop-songs: Ce projet se propose d’inviter la pop  dans ces lieux où le silence sublime la musique ; avec un consort de violes de gambe, l’instrument de l’âme, la formation dont le son imite le mieux la voûte céleste, une lecture étonnante de ces oeuvres et auteurs exceptionnels du XXème et du XXIème siècle est donnée. Outre la beauté de ses transcriptions, The Sound of Silence  questionne les usages et habitudes liés à l’écoute et au jeu de ces musiques : la musique ancienne est-elle véritablement plus « savante » que la musique pop ? les trois ou quatre siècles qui séparent ce consort de violes élisabéthain de cette musique anglo-saxonne sont-ils si conséquents ? les frontières entre ces musiques sont-elles réelles ? John Dowland et John Lennon sont-ils des musiciens aussi distincts qu’on l’imagine ?

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Avec son dernier CD, L’Acheron intitulé A consort’s monument revient à la musique anglaise pour consort de violes, et s’adjoint le concours d’un orgue positif et d’un virginal.

Resmusica en fait l’éloge dans cet article du 10 mai:

Dans l’ensemble, les instruments à clavier joués colla parte se mêlent si bien à la sonorité des violes qu’il faut parfois tendre l’oreille pour s’assurer de leur présence. Si l’on peut dire d’un consort de violes de qualité qu’il sonne comme un orgue, en référence à l’homogénéité des timbres, c’est bien le cas de L’Achéron. C’est encore plus flagrant ici, quand l’orgue se mêle ainsi aux violes. Trois courts moments nous permettent d’entendre les instruments à clavier sonner seuls, dans des improvisations sur des thèmes de l’époque. Le sommet est une improvisation sur un Ground de Simpson jouée conjointement à l’orgue et au virginal, où Philippe Grisvard et Yoann Moulin font assaut d’inventivité dans un parfait d’équilibre

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