Arts-Scène Diffusion

Quatuor Akilone

QUATUOR À CORDES

Musiques de l'ineffable

 

« Clocks and clouds ». C’est le terme employé pour désigner la période durant laquelle Ligeti écrit son Deuxième quatuor. Une musique faite de pulsation et de texture. Après une jeunesse très marquée par l’influence de son compatriote Bartók, Ligeti, qui a fuit la Hongrie communiste, entame cette deuxième période qui est marquée par la recherche d’une musique plus déstructurée, moins « parlante », constituée de bribes et de chuchotements, poussières de dialogues et ombres appelant le mouvement.

Le mouvement central et magistral de ce 2e quatuor de Ligeti, Come un meccanismo di precisione, en pizzicati, transcende avec éclat un travail de timbre déjà présent chez Ravel ou Debussy. Référence irisée et prolongement magique de ce mouvement, le poème « Pluie » de Francis Ponge en fait un écho poétique somptueux.

L’ineffable, c’est aussi le royaume de Schubert. Ce dernier quatuor, le plus « contrapuntique », très proche dans sa vision du quintette pour deux violoncelles, a été écrit dans la seule année vécue après la mort de Beethoven, année qui fut un espace de création phénoménal pour Schubert. Cette œuvre nous ouvre un monde de légendes en clair-obscur. Matière sensible, les œuvres de Schubert sont comme des scènes sans images. Pourvues de la puissance des contes et légendes qui prennent racine dans la nuit des temps, elles sont finalement cette matière impalpable dont sont faits nos rêves, la musique de l’ineffable.

 

György LIGETI (1923-2006)
Quatuor à cordes n.2 (1967-1968)   21’

Franz SCHUBERT (1797-1828)
Quatuor n.15 en Sol majeur D.887    45’

 


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